L’apprentissage de l’Aïkido

LES JEUNES.

(De Kisshômaru Ueshiba : l'esprit de l’aïkido Edition BUDO).

L’entraînement des enfants et des jeunes diffère de celui des adultes mais les bases de progression restent essentiellement les mêmes. Comme pour les cours des adultes les élèves commencent par des exercices préliminaires tels que funakogi (mouvement du rameur) puis furitama (placement du ki) le fondateur préconisait ces exercices pour inviter l'essence divine à l’intérieur de son propre centre.  Après ces exercices préliminaires, les élèves apprennent à tomber en roulant vers l'avant et vers l'arrière et s'exercent par la suite avec un partenaire qui les entraîne dans un mouvement circulaire. Il s'agit du travail des ukemi (chute). Vient l'apprentissage des déplacements et des techniques à genoux appelés (shikko) Les enfants éprouvent beaucoup de plaisir à travailler au sol. Ces exercices au sol sont fondés sur le (seiza), position assise traditionnelle. Lorsque le seiza devient une position de repos naturelle, appliquée au début et à la fin du cours d’aïkido, elle développe une perception correcte de l’étiquette. L'étiquette enseignée en aïkido : respect mutuel, considération pour les autres, propreté, n'est pas imposée aux élèves par l'endoctrinement ou les menaces. C'est la conséquence naturelle de l'apprentissage d'une position correcte seiza et de la maîtrise des bases du suwari-wasa (déplacement à genoux au sol). La position assise en seiza, une coutume que l'on retrouve chez les japonais depuis les temps les plus anciens, est à l'origine d'une étiquette naturelle qui s'est ancrée dans l'esprit collectif. Ce que nous apprenons aux enfants, ce n'est pas la force brutale, ni la violence, mais la concrétisation du ki capable de diriger l'enfant dans sa vie avec confiance, respect et mesure.

LES FEMMES.

Les critiques qui font de l’aïkido un art martial efféminé, qui conviendrait davantage aux femmes, ne sont que des réminiscences d'une époque révolue. Les arts de combat anciens se sont développés à une époque où seuls les hommes mettaient leur vie en jeu sur les champs de bataille, ce qui peut tout à fait justifier le fait qu'en son temps le Budô ait été considéré comme une affaire d'hommes. Dans le monde moderne, ce point de vue est tout à fait anachronique. L’aïkido est un Budô ouvert à tous, sans distinction d'âge, de condition, de sexe, de nationalité ou de race. L’aïkido est universel. L’aïkido est tout particulièrement adapté aux femmes. L’aïkido des femmes n'est rien d'autre que le Budô, et il n'y a pas de différence entre l’entraînement des femmes et celui des hommes. Les femmes qui pratiquent le savent bien.

LES SENIORS.

(Extrait de la littérature FFAB seniors grands débutants coordination : René TROGNON)

Dans la recherche de bien-être et d'une meilleure hygiène de vie, l’aïkido propose à un public senior une pratique adaptée à leur âge. Non pas une pratique au rabais, mais une pratique qui respectera les principes de l’aïkido. La différence, sera dans l'approche de la discipline inhérente au vieillissement de l'organisme.

 6 RÈGLES AU CŒUR DE LA PRATIQUE.

  1. Pour une maîtrise correcte de l’aïkido, il est indispensable de suivre scrupuleusement l'enseignement du professeur.
  2. L’aïkido est un art martial dont la perfection réside dans le développement d'une vigilance qui prend en compte tout ce qui nous entoure et qui ne laisse aucun point vulnérable, aucune ouverture.
  3. La pratique devient conviviale et agréable dès lors que le niveau de compétence permet de dépasser la douleur.
  4. Vous ne devez pas vous satisfaire de ce qui vous est enseigné au dojo. Il faut continuellement assimiler, expérimenter et faire évoluer ce que vous avez appris.
  5. Dans la pratique, il ne faut jamais dépasser les limites du naturel et du raisonnable. L’entraînement doit tenir compte du corps et de ses capacités ainsi que de l'âge du pratiquant.
  6. L’aïkido a pour objectif de valoriser pleinement l'humanité qui est en chacun de nous. Il ne devrait pas servir à afficher son ego.

MESSAGE AUX PRATIQUANTS.

(De Kisshômaru Ueshiba : l'esprit de l’aïkido Edition BUDO).

Les pratiquants d’aïkido doivent consacrer la plus grande partie de leur entraînement à la maîtrise des mouvements circulaires; par ce travail constant, ils pourront étudier les principes de base qu'ils impliquent. Dans le mouvement, ils deviennent comme une toupie, toujours équilibrés avec un centre stable. Bien que les pratiquants n'en aient pas toujours conscience, ils réalisent alors l'unité ki-esprit-corps qui ne fait qu'un avec l'univers.

LE CERCLE ET LA SPIRALE DANS LA PRATIQUE.

(De Kisshômaru Ueshiba : l'esprit de l’aïkido Edition BUDO).

Les techniques de base de l’aïkido se caractérisent par la liberté et la spontanéité des mouvements circulaires. Si l'on prend en compte l'ensemble des mouvements de corps nécessitant une rotation (tai-sabaki) ils apparaissent comme le commencement et la fin de tout entraînement. Bien que l’aïkido comprenne l'étude de technique violente telles que les frappes directes et les clefs de poignet héritées d'arts de combat anciens, l'accent mis sur la rotation donne visuellement l'impression d'une danse, dont la chorégraphie délicate et raffinée s’enchaîne doucement. Toutes les techniques qui, à l'origine, étaient dures et violentes sont devenues souples et raffinées en s'attachant au principe du cercle et de la spirale. Néanmoins, il ne faut pas croire que les mouvements circulaires ont été élaborés dans le seul but de faire de l’aïkido un art raffiné ou pour créer un art passif. Le but avoué était positif et agressif : maîtriser et contrôler la force de l'adversaire. L’aïkido est né de la nécessite de répondre à des questions aussi vitales que : Que puis-je faire si je suis confronté à un adversaire physiquement plus fort que moi ? Comment puis-je vaincre un adversaire sans utiliser d'armes quelles qu'elles soient ? Sans avoir recours à la violence gratuite ou à la manipulation psychologique, tout en gardant l'esprit du Budô. En un mot, comment peut-on se défendre d'un adversaire supérieur en taille, force et expérience ? A l'origine l'application par maître Ueshiba du principe de la spirale à l’aïkido visait à développer une alternative moderne aux arts martiaux traditionnels. Dans les mouvements circulaires de l’aïkido, lorsqu'on est poussé, il faut pivoter et tourner, et lorsqu'on est tiré, il faut entrer en tournant. Cela signifie que l'on bouge en un mouvement circulaire en réponse à l'attaque de l'adversaire et tout en se déplaçant dans une sphère, il faut rester fixé sur son centre de gravité pour fournir un axe stable au mouvement. Dans le même temps, le centre de l'adversaire, perd toute sa puissance. Il peut alors être maîtrisé rapidement, de façon définitive. Les mouvements du corps en aïkido s'appuient sur le principe du cercle et de la spirale. La spirale peux contrôler toutes les attaques par des techniques émanant de son centre, bien que gracieuses, elles seront toujours empreintes d'une puissance infinie.