La tenue de l’Aïkidoka

1 Le Keikogi

equipement en aikido : KeikogiKeikogi est un mot japonais signifiant littéralement « vêtement d’entraînement » ; il est composé de keiko (la pratique, l’entraînement, l’action) et de gi (vêtement, tenue, ensemble de vêtements composant une tenue). On parle parfois de dogi, « vêtement de pratique de la voie », c’est la base de l’ equipement en aikido. Il désigne la tenue utilisée pour l’entraînement aux budo (arts martiaux japonais), que l’on appelle aussi à tort kimono. En judo, on parle de judogi, au karaté on l’appelle karategi, et au taekwondo on le nomme dobok ou dans les arts martiaux vietnamiens vo phuc. Il est simplement appelé keikogi par les aïkidokas.

Keikogi d’aïkido

Il se compose d’une veste et d’un pantalon de coton blanc, ainsi que d’une ceinture, obi. Similaire en apparence au judogi, le keikogi d’aïkido est en coton lourd à motifs « grains de riz » qui permettent une bonne saisie sans risque de déchirement. Les manches sont plus courtes que celles du judogi afin de faciliter les saisies des poignets. Plusieurs enseignants recommandent également de préférer les keikogi ayant une couture dorsale en travers des épaules à ceux dont la couture court le long de la colonne vertébrale. Toutefois, les kimonos de la marque recommandée par l’Aikikai présentent ce dernier type de facture.

Autrefois, les keikogi étaient en coton brut, et donc rétrécissaient considérablement aux premiers lavages. Cela reste encore le cas de certains modèles, mais en règle générale, les modèles récents ne rétrécissent plus beaucoup. Il existe enfin deux types de couleurs : blanchi ou écru. Les deux se portent, quoiqu’il soit préférable de disposer d’un keikogi blanchi (soit d’origine, soit par de nombreux lavages) pour les passages de grade officiels.

La veste se porte revers gauche au-dessus. La raison martiale est que cette disposition permet d’accéder au tanto parfois porté dans les revers. La raison culturelle est que les morts sont habillés avec le revers droit au-dessus. Les manches ne doivent idéalement pas descendre au-delà de la moitié de l’avant-bras (pour les saisies, mais aussi pour que le partenaire ne se prenne pas les doigts dedans). Le pantalon doit lui arriver quelques centimètres au-dessus de la malléole (pour ne pas être visible sous le hakama). Il est de coutume de limiter les marques distinctives sur son keikogi, en particulier les différentes étiquettes portant la marque du fabricant, surtout quand celles-ci sont particulièrement ostensibles (cousues aux épaules par exemple). Il arrive que certaines personnes fassent broder leur nom en katakana sur les manches de leur keikogi ou portent un écusson à la poitrine. Ces pratiques sont courantes au Japon, où il est fréquent de laisser son keikogi dans le dojo. Individualiser son keikogi est alors une nécessité. Afficher son nom est aussi considéré au Japon comme une marque d’humilité. En effet, cela signifie que le pratiquant ne se considère pas assez important pour que l’enseignant ait retenu son nom. Certains enseignants l’exigent, et l’on voit parfois des pratiquants porter un keikogi marqué de leur nom au feutre noir. Le port des écussons vient des clubs universitaires. En revanche, ce type de distinction est assez mal vu en France. Il est donc recommandé de porter un keikogi vierge pour les stages (hormis ceux organisés par le courant dont on porte l’écusson) ou les passages de grade.

2 – Le hakama


equipement en aikido : HakamaLe hakama est un pantalon large plissé (sept plis, cinq devant et deux derrière), muni d’un dosseret rigide (koshi ita). Il était traditionnellement porté par les nobles du Japon médiéval, et notamment les samouraïs. Il prit sa forme actuelle durant lapériode Edo. Hommes comme femmes pouvaient porter le hakama. 

Certains prétendent qu’un des rôles du hakama était de masquer les mouvements des pieds, pour mieux surprendre l’adversaire. Cette explication ne fait pas l’unanimité : en effet, les samouraïs portaient des jambières qui enserraient le hakama, les pieds étaient donc bien visibles. Par ailleurs, lorsqu’il n’était pas en armure mais se préparait à un combat, le samouraï remontait le hakama en le coinçant au niveau de la ceinture, de même qu’il attachait les manches du kimono par une bande de tissus, le tasuki. C’était en fait essentiellement un pantalon de cavalerie.

De nos jours, le très ample hakama est utilisé dans certains arts martiaux comme l’aïkido, le kendo,le iaido, le kenjutsu, l’aïkijutsu et le jiu jitsu. Pour le jiu jitsu, il est utilisé dans les koryu (styles traditionnels) principalement, et non dans les styles modernes. Dans ce contexte, on parle parfois de keikobakama (litt. hakama d’entraînement). Les hakama utilisés pour les arts martiaux sont en coton, en soie ou, le plus souvent, en polyester ou dans un mélange de ces trois fibres. Le coton est plus lourd, tandis que les fibres synthétiques glissent mieux sur le sol et résistent mieux à la décoloration, ce qui peut être important pour les arts martiaux comme le iaido ou l’aïkido. Les hakama de qualité présentent des lanières épaisses et surpiquées afin d’éviter qu’elles ne s’entortillent sur elles-mêmes.

Le hakama est également un vêtement de cérémonie (mariage, remise de diplôme, etc.). Les femmes portent des hakama assortis à leurs kimonos, de couleurs vives ou à motifs, tandis que les hakama masculins sont le plus souvent à rayures. Le hakama de cérémonie étant en soie, cela en fait un vêtement fragile, onéreux et d’un entretien difficile.

L’activité pratiquée peut imposer la couleur du hakama. Ainsi, le hakama d’aïkido est toujours uni, noir ou indigo, parfois bleu électrique pour les hakama en coton. Dans d’autres disciplines, le port d’autres couleurs, en particulier le blanc est accepté (pour le iaido). La couleur grise est réservée au sensei. Dans le cadre des cérémonies shinto, le prêtre porte un hakama blanc, les assistants masculins des hakama verts clair, les assistantes féminines des hakama rouge-orangé (les habits traditionnels rouges sont symbole de virginité au Japon).

Symbolique

Le Hakama n’est pas simplement un equipement en aikido. Les sept plis représentent les sept vertus que doit posséder le samouraï :

  • jin (bienveillance, générosité)
  • gi (honneur, justice),
  • rei (courtoisie, étiquette)
  • chi (sagesse, intelligence)
  • shin (sincérité)
  • chu (loyauté)
  • ko (piété).

3. Le Boken


équipement en aikido : BokenLe Boken est la réplique exacte en bois dur du Katana (le sabre du samouraï), mais bien que le remplaçant pour l’enseignement, le boken est une arme à part entière si bien que de nombreux guerriers, jadis, l’adoptèrent pour sa redoutable efficacité.

L’utilisation du boken est nécessaire dans la pratique de l’Aïkido, il permet de travailler le déplacement et la précision des techniques ainsi que la maîtrise de soi et de la personne avec laquelle on pratique. Les principaux objectifs au boken consistent à contrôler ou piquer la gorge, briser mentalement la tête, les clavicules, les poignets et les chevilles. Dans la pratique, on utilise le boken contre un adversaire armé d’une même arme ou d’un bâton. Une série de Katas ont été élaboré servant de base aux pratiquants mais également pour le passage de grades permettant de corriger la forme de corps, l’équilibre, les déplacements et la précision.

4 – Le Jo

equipement en aikido : JoLe jo ou bâton moyen est une arme traditionnelle japonaise en bois d’une longueur de 1,28 mètre et d’un diamètre de 2,6 centimètres environ. Il fait partie de l’equipement en aikido et est utilisé lors de la pratique (aiki-jo), du Jodo et du Jo-jutsu. Le bâton de jo, de taille moyenne, se différencie du bo (bâton long), du tanbo (bâton court) et du hanbo (« demi bâton »). Le jo est l’objet du jojutsu ou jodo, art du maniement du jo face à un adversaire armé d’un sabre (représenté par un bokken). Il est également employé dans le cadre de l’aiki-jo, élément de l’aïkido, soit dans le cadre du désarment à mains nues d’un attaquant armé d’un jo, soit dans le cadre de katas d’harmonisation à deux pratiquants maniant chacun un jo. Le jo est réputé avoir été conçu par l’escrimeur Muso Gonnosuke qui, après une défaite face à Miyamoto Musashi, cherchait une arme suffisamment longue pour avoir un avantage d’allonge significatif sur le sabre, mais suffisamment court pour rester plus maniable que la lance (yari) ou le bo. Aujourd’hui il est toujours utilisé par certaines forces de police japonaises.

5 – Le tanto

equipement en aikido : TantoLe tanto est un sabre japonais légèrement courbe à un seul tranchant dont la taille est inférieure à 30 cm. La structure du tanto est généralement semblable à celle du katana, à la différence près qu’il est bien plus court et moins courbé. En général, la forme est hira-zukuri (style plat).

Il est l’équivalent d’un poignard ou d’une dague japonaise. Selon sa monture, il peut être appelé tanto (s’il est glissé dans la ceinture) ou kaiken (s’il est caché dans les vêtements). Il se différencie du aiguchi par la présence d’une garde (tsuba). Autrefois utilisé comme arme lancée, il est parfois utilisé comme outil d’entraînement pour l’auto-défense, où il remplace le couteau. Le Tanto était principalement porté par les samouraïs, et il était rare que les gens ordinaires en possèdent un. Les femmes portaient souvent sur elles un petit tanto nommé un kaiken dans leur obi, dans un but d’auto-défense.

6 – Les Zori

Présentation equipement en aikido : Zoris Elles sont formées d’une semelle plate et de deux lanières rondes passant entre le gros orteil et le second orteil, puis se séparant pour s’arrimer sur le côté de la semelle aux trois quarts de sa longueur. Les zori sont souvent portées avec des chaussettes séparant le gros orteil des autres orteils, les tabi. 

Matières et formes Traditionnellement, la semelle supérieure des zori était faite de paille de riz. Les brins sont disposés transversalement, puis attachés par des fils courant sur la longueur de la semelle, une technique comparable à celle employée pour la confection des tatamis. Les lanières sont le plus souvent en velours. La semelle inférieure, cousue à la paille, était généralement en cuir. Aujourd’hui, il est toujours possible de trouver des zori à semelle de paille. La semelle inférieure est généralement en caoutchouc ou en plastique.  Grâce aux matériaux modernes, il existe une grande variété de modèles, le plus souvent à base de caoutchouc recouvert de plastique brillant (imitant quelque peu la laque), avec des hauteurs de semelles variées. 

Utilisation Peu coûteuses, séchant rapidement et permettant la circulation de l’air autour des pieds, les zori sont adaptées au climat du Japon. Elles permettent en outre de se déchausser rapidement en entrant dans les bâtiments traditionnels ou dans les logements. Les zori à semelle de paille ne sont plus guère portées qu’à la campagne ou dans le cadre des arts martiaux, pour éviter de se salir les pieds durant le trajet entre le vestiaire et le tatami. Les zori contemporaines, portées avec des tabi en général blanches, sont en revanche l’accessoire indispensable du costume traditionnel (improprement appelé en Europe kimono) porté dans les grandes occasions, voire dans la vie quotidienne, spécialement par les femmes âgées, peu habituées aux chaussures fermées.